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Aide

NIG/019
Appui à la Mise en Oeuvre du Programme décennal de Développement de l’Éducation

Information

Pays
Niger
Bureau régional de LuxDev
Ouagadougou

Secteur
Enseignement de Base et Alphabétisation
Agence d'exécution partenaire
Ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales
PIC 2
2008 - 2012

Période d'exécution
Juillet 2011 - Septembre 2016
Durée totale
62 mois

Budget total
18 706 327 EUR
Répartition des contributions
  • Gouvernement luxembourgeois
    15 200 000 EUR
  • Gouvernement du Niger
    3 506 327 EUR

Videos

  • Interview Quentin Bourdeaux

    Dans le monde du développement, les systèmes de suivi et d’évaluation constituent un défi important. Un des rôles de LuxDev constitue à appuyer les différents partenaires pour renforcer leurs systèmes d’information afin de disposer d’un outil performant pour le pilotage de leur secteur, la mesure de l’efficacité et la redevabilité.

    Echange avec Quentin Bourdeaux, Représentant régional de LuxDev au Burkina Faso et Niger.

Évaluation intermédiaire

Depuis 12 ans, en matière de développement de l’éducation, le Gouvernement et ses partenaires ont mis l’accent sur l’accès à l’école pour les enfants de six à 11 ans, le recrutement des enseignants et la construction d’infrastructures. Mais les résultats des apprentissages sont restés relativement faibles. Le Programme indicatif de Coopération II met un accent particulier sur le secteur de l’éducation dans les huit départements de la région de Dosso. Le Projet NIG/019 est issu de cette requête. Il contribue à la réalisation de l’objectif global de réduction de la pauvreté par l’accès équitable aux services sociaux de base et le renforcement du capital humain pour un développement durable. Le Projet appuie en priorité l’amélioration des enseignements et des apprentissages, le renforcement des capacités de pilotage du système éducatif régional et prépare la gestion décentralisée de l’école par les Collectivités territoriales (Conseil régional, communes)..

Dans le domaine de l’alphabétisation et de la formation des adultes, le projet NIG/019 contribue à relever le taux d’alphabétisation, à développer l’environnement lettré et à professionnaliser les opérateurs du secteur privé. Il a accompagné la mise en place d’un fonds régional pour l’alphabétisation. La stratégie d’intervention est basée sur le ciblage des publics et la prise en compte d’une demande homogène par groupe d’apprenants ayant des intérêts langagiers communs. Compte tenu des retards accusés par la scolarisation des filles, l’intervention soutient les campagnes d’information et de communication initiées par la Direction régionale de l’Enseignement primaire (DREP).

En ce qui concerne la construction et l’entretien des salles de classe, les modèles type nationaux sont retenus en y adjoignant des aménagements favorisant la prise en compte des aspects environnementaux et bioclimatiques par les Services techniques, les maîtres d’œuvre et les entreprises. Pour la confection des mobiliers scolaires, la DREP peut compter sur l’expertise des artisans locaux que la Coopération luxembourgeoise a contribué à qualifier dans les projets précédents. Pour la construction des écoles et des collèges en fonctionnement sous paillotes, la priorité est donnée aux établissements dont les effectifs sont pléthoriques et qui répondent aux critères de la carte scolaire. En 2016, à l’issue du Projet, les 135 écoles et les 42 collèges d’intervention seront reliés à un point d’eau moderne.

Dans le domaine de la qualité des enseignements (primaire et collège), la stratégie d’intervention privilégie l’amélioration des acquisitions dans les disciplines fondamentales que sont la lecture et les mathématiques. Elle appuie une démarche qualité en initiant plusieurs cycles d’ingénierie pédagogique et de formation articulés autour des étapes suivantes : (i) l’analyse des besoins de formation des enseignants contractuels recrutés sans formation initiale, plus particulièrement dans les domaines linguistique, académique et professionnel (ii) la formation des encadreurs pédagogiques, (iii) la conception des outils de formation, (iv) la réalisation, l’évaluation et le suivi des formations, (v) les remédiation et (vi) l’évaluation des acquis scolaires. Un important financement est mobilisé pour l’acquisition de manuels et de documents pédagogiques, gage de l’amélioration des apprentissages et des enseignements.

Les appuis techniques, humains et financiers du NIG/019 contribuent à la réalisation des objectifs du Programme régional de Développement de l’Éducation qui coordonne les contributions de l’ensemble des partenaires. Le pilotage, la réalisation, le suivi et l’évaluation de tout le programme d’activités est réalisé par les services techniques déconcentrés appuyés par l’Assistance technique du Projet. Les changements que l’intervention initie (formation à distance des Directeurs d’école, mise en place d’une base de données éducatives régionale, cycle d’ingénierie de la formation, stages longs de requalification en langue française, projets d’école, prise en compte des aspects environnementaux et de développement durable dans les programmes de construction…), afin de pouvoir les capitaliser au plan national, sont supervisés par les services centraux du Ministère qui participent aux évaluations et bénéficient de dotations et de formations. Les Collectivités territoriales décentralisées sont parties prenantes des plans de développement pour la promotion d’une éducation de qualité.

De 2011 à 2014, la Coopération suisse a montré son intérêt pour l'approche développée en déléguant ses financements d’appui à l’éducation dans la région de Dosso (1 600 000 EUR) à LuxDev afin d'appuyer certaines activités. Une évaluation externe très positive du NIG/719 laisse espérer une prolongation du mandat d’exécution pour 2014-2018.

Dernières nouvelles

  • Niger - La promotion de la scolarisation des filles par la responsabilisation des communautés en milieu rural : ça marche !

    Publié le 7 Juin 2016    Par Catherine Belemsigri   FR

    En septembre 2011, au démarrage  du projet NIG/019, « Appui au Programme décennal de Développement de l’Éducation dans la Région de Dosso (Niger)», les indicateurs d’équité entre les filles et les garçons présentaient des disparités :

    Les causes identifiées lors des foras organisés en 2013 sur la problématique de la scolarisation des filles, se résument comme suit :

    • la perception du statut de la femme nigérienne : femme/fille au foyer pour les tâches domestiques et les activités génératrices de revenus ;
    • le mariage précoce et/ou forcé ;
    • la pauvreté des parents (exode saisonnier des filles pour les travaux domestiques en villes) ;
    • la mauvaise interprétation des préceptes de l’Islam ;
    • ​les abandons et exclusion massif des filles en classe de la 6e et 5e pour insuffisance de travail ;
    • l’éloignement des collèges ;
    • les familles d’accueil de plus en plus difficiles à trouver ;
    • le manque de suivi de la scolarité par les parents ;
    • les insuffisances institutionnelles (qualité des apprentissages, taux d’échec élevé en milieu rural, l’absence de textes de lois de protection des filles scolarisées, dysfonctionnement des structures locales de gestion des établissements scolaires avec parfois l’inexistence des AME, des points focaux SCOFI non actifs, etc.).

    Pour contribuer à relever ces insuffisances, les services de l’éducation de base ont développé durant quatre ans une expérience de promotion de la scolarisation des filles basée sur la responsabilisation des communautés à travers la mise en œuvre d’action de communication pour un changement de comportement à l’endroit des différents acteurs. Les actions d’accompagnement des partenaires ont été concentrées dans 23 écoles primaires et six collèges ciblés comme établissements présentant les plus faibles indicateurs pour les filles et faisant partie des 135 écoles et des 42 collèges de la zone d’intervention de LuxDev.

    La mise en œuvre de cette approche est passée par :

    • la réalisation de foras locaux avec la participation des élus municipaux, des chefs coutumiers et religieux, des hommes et des femmes des différentes communautés, du corps enseignant et des inspecteurs pédagogiques. Ce fut le lancement d’un dialogue social sur la scolarisation des filles qui a permis de briser le silence sur les obstacles persistants en termes d’accès et surtout de maintien des filles dans le système scolaire ;
    • la conception et la diffusion de messages, en langues locales, de sensibilisation sur le droit à l’éducation pour les filles et les garçons et sur les avantages de la scolarisation des filles à travers les radios communautaires ;
    • la redynamisation et/ou la mise en place des associations de mères éducatrices (AME) pour chaque établissement : formées sur leurs attributions, elles ont gagné en autonomie en élaborant des plans d’action annuels visant l’amélioration de l’accès et du maintien des filles dans le système éducatif. Les AME collaborent aujourd’hui pleinement avec les comités de gestion des établissements (COGES), le corps enseignant, les autorités coutumières et religieuses ainsi que les radios communautaires et les collectivités.

    L’appropriation de la question de promotion de la scolarisation des filles par les structures locales partenaires de l’éducation (AME, COGES) se traduit par les initiatives suivantes :

    • la prise de mesures par les communautés pour l’amélioration des apprentissages des élèves en particulier  les filles : interdiction d’utiliser les filles scolarisées pour le petit commerce ; création de groupes d’études de nuit dans les concessions sous la supervision des chefs de ménages. Un comité de suivi de ces mesures est mis en place dans les villages ;
    • l’achat de vélos par les parents aux filles et aux garçons du collège pour se rendre à l’heure dans leur établissement distant pour une moyenne de sept kilomètres ;
    • l’encouragement à la scolarisation des filles nomades (peulhes) par certaines collectivités (communes rurales) avec la mise  en place de mesures incitatives: attribution de kit scolaire, suivi de leur scolarité, etc. ;
    • la mobilisation par les structures locales (AME et COGES) des parents lors de la remise des résultats d’évaluation, et l’octroi de prix aux meilleures filles. Ces structures profitent de ces moments forts pour sensibiliser les parents sur la nécessité du suivi de l’enfant à la maison, l’abandon du mariage précoce ou forcé des filles. Des contacts sont aussi établis avec les élèves pour les encourager à l’assiduité et à la discipline. A noter que l’accompagnement des AME renforce la participation effective des femmes dans la gestion des établissements scolaires.

    Quelques pratiques innovantes

    Contribution des NTIC à la promotion de la scolarisation des filles :

    Pour écouter régulièrement et partager avec les membres de la concession ainsi qu’avec d’autres femmes lors des rencontres sociales (baptême, mariage, autour du puits), les femmes d’une des zones d’intervention ont fait enregistrer les messages de sensibilisation par l’animateur de la radio communautaire sur des cartes mémoires qu’elles utilisent avec leurs téléphones portables.

    Transmission du savoir-faire par l’AME

    Dans une école primaire, l’AME a organisé des séances de formation des filles à la confection des foyers améliorés entrant dans le cadre de la protection de l’environnement.

    L’importance de la sécurisation des élèves filles

    « Ma fille a été harcelée au retour des cours par deux garçons ; heureusement qu’elle m’en a informé. C’est ainsi que j’ai personnellement géré la situation en rencontrant les deux garçons, pour une mise au point, et leur faire comprendre que je serai toujours là pour protéger ma fille, afin qu’elle puisse continuer ses études ; en cas de récidive, je porterai l’affaire auprès du directeur du collège » (père d’une collégienne).

    Quelques résultats obtenus dans cette zone de concentration des activités SCOFI :

    • des écoles primaires qui ont atteint la parité filles/garçons même si les effectifs globaux présentent encore des écarts entre les filles et les garçons : en 2014-2015 il y avait 3243 filles contre 3567 garçons pour les 26 écoles primaires ;
    • des taux d’inscription en classe de CI (1re année du primaire) des filles supérieurs à celui des garçons dans certaines écoles grâce à la mobilisation des structures locales au moment de la pré-inscription ;
    • une réduction du taux de déperdition (exclusion et abandon) chez les filles du primaire et secondaire. Par exemple, pour l’année 2013-2014, dans le primaire 211 filles contre 293 garçons et dans le collège 212 filles contre 422 garçons ;
    • une amélioration de la réussite en regardant les proportions de redoublement : la proportion des filles au primaire est de 38,27 % et au collège de
      27,64 %.

    Cependant, au niveau de la Région de Dosso, même si l’on note des évolutions, beaucoup reste à faire pour l’atteinte de la parité dans les indicateurs :

    Il reste encore du chemin à parcourir pour continuer à faire évoluer certaines mentalités. Lorsque les opportunités d’insertion sociale et économique des filles scolarisées seront réellement visibles, exemplaires, alors les messages de sensibilisation seront plus faciles à diffuser, mieux reçus et sources de changement. À l’avenir il s’agira de contribuer aux actions de lutte contre les violences faites aux filles (en particulier le mariage précoce et/ou forcé), de généraliser les actions incitatives à la promotion de la scolarisation des filles à l’ensemble de la zone du programme, et ceci en plus des actions transversales (gender mainstreaming) à intégrer dans tous les axes d’intervention du programme.

  • Implantation et opérationnalisation d’un Fonds Régional pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FRAENF) dans la région de Dosso

    Publié le 26 Juin 2014    Par Amoukou Issaka - ATN Alpha, Thierry Py   FR

    La région de Dosso est située à l’extrême Sud-Ouest de la République du Niger et couvre une superficie de 31.000 km² subdivisée en huit départements et 43 communes. Elle compte 2.040.699 habitants dont 1.041.058 femmes avec un taux d’accroissement annuel de 2,7%. L’agriculture et l’élevage constituent les deux principales activités de production des populations. En 2012, la situation des secteurs sociaux de base se caractérisait par une couverture sanitaire de 44,46 %, un taux brut de scolarisation de 79,2% et un taux d’alphabétisation des adultes de 28,4%.

    L’analphabétisme des adultes rend difficile la perception par les populations des politiques et stratégies de développement entreprises par l’Etat, les collectivités, les projets et les ONG. Ce qui a comme corollaire des difficultés de capitalisation des actions de formation  et de sensibilisation ; des problèmes d’autopromotion des organisations paysannes et de pérennisation des actions de développement.

    Caractéristiques de l’alphabétisation

    Au démarrage du projet NIG/019 A-PDDE, l’alphabétisation dans la région était caractérisée par (i) une forte demande d’alphabétisation (ii) une faiblesse de l’efficacité interne et externe des programmes (taux d’abandon 40%, taux de réussite  51%) (iii) une disparité dans la répartition de l’offre entre les zones et (iv) une faible capacité de coordination des interventions par les services techniques. Du reste, l’enjeu de toute intervention doit être l’amélioration de la livraison et la pertinence des programmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle.

     

    Apprenantes d’un centre alpha à Loga

    Processus de conception et d’opérationnalisation du fonds 

    L’intervention du NIG/019 est basée sur trois axes essentiels : (i) la conception et l’opérationnalisation d’un fonds régional pour l’alphabétisation afin de résoudre le problème de sous financement du sous-secteur ; (ii) l’émergence d’opérateurs professionnels pour développer le partenariat et la stratégie du faire-faire et (iii) la promotion d’une approche qualité des services d’AENF pour améliorer l’efficacité interne et externe des programmes. Le processus a été conduit selon une approche participative ayant impliqué aussi bien les acteurs régionaux que nationaux (Ministère de l’Enseignement Primaire, Ministère  de l’Intérieur et de la décentralisation, Ministère des finances) ainsi que les partenaires techniques et financiers de l’éducation.

     

    1) Conception du FRAENF : elle a été réalisée en trois phases :

    - Phase collecte des données ayant permis de concevoir et de valider un document de diagnostic de l’AENF, de réaliser un voyage d’étude au Burkina Faso au niveau du projet BKF/014 et une étude préalable à la mise en place du fonds. Les résultats de cette phase ont permis de mieux guider les équipes dans le travail de conception du fonds.

    - Phase conception : elle a permis de produire le document de cadrage et le manuel de gestion du fonds ainsi que des textes portant création et fonctionnement du fonds. Ces textes d’application nationale et signés par la Ministre de l’Enseignement Primaire, sont élaborés dans le but  de combler le vide juridique qui caractérise le sous-secteur et d’améliorer les conditions favorables à l’opérationnalisation du fonds. A ceux-là s’ajoute l’élaboration d’un plan triennal (2014-2016) de développement de l’AENF qui sera un outil important pour l’opérationnalisation de l’instrument financier. La gestion sera assurée par trois organes (Conseil d’Administration, Comité Régional de Sélection et une unité de gestion) regroupant tous les acteurs de développement économique et social de la région et s’appuyant sur les structures étatiques régionales et départementales. Le document de cadrage définit aussi des stratégies de mobilisation des ressources et des procédures d’exécution des dépenses.

    - Phase finalisation ayant permis d’installer les organes de gestion du fonds et de mener des activités d’internalisation des outils d’opérationnalisation du FRAENF.

     

    2) Emergence d’opérateurs professionnels : les activités réalisées à travers cet axe ont permis d’élaborer un répertoire des opérateurs et de procéder à leur diagnostic organisationnel et institutionnel, de mettre en place des cadres départementaux et un cadre régional de concertation des acteurs de l’AENF, d’élaborer un programme de formation et de renforcement des capacités des opérateurs, cadres alpha et cadres des collectivités territoriales et de concevoir les modules de formation (14 modules de formation élaborés suite à l’identification des besoins en formation). Au stade actuel du processus, deux sessions de formation et de renforcement des capacités ont été tenues et ont permis de toucher 164 personnes (STD et opérateurs).

     

    3) Développement d’une approche qualité des services d’AENF  basée sur la demande : les activités menées à travers cet axe ont consisté à (i) établir un ciblage des groupes dont l’alphabétisation pourrait stimuler les activités économiques et sociales ; (ii) concevoir et implémenter chez les acteurs (opérateurs, STD et CT) un référentiel des compétences de base en AENF et (iii) concevoir un dispositif et des outils de suivi et évaluation en AENF.

     

    Réalisation de deux campagnes d’alphabétisation

    En attendant le lancement du FRAENF, dès octobre 2012, le projet a financé deux campagnes d’alphabétisation ayant permis de mesurer les capacités des opérateurs et de tester (i) des outils pour la labélisation des opérateurs, (ii) des programmes de formation à la carte et (iii) des outils de collecte et de traitement des données. Le cumul des deux campagnes donne 20 opérateurs labélisés, 252 animateurs/alphabétiseurs formés et 6833 apprenants inscrits dont 4943 femmes. Les centres d’alphabétisation ont enregistré un taux de réussite de 53% contre une moyenne régionale de 51,70%.

     Les acquis du processus d’implantation du fonds

    Mobilisation et participation de tous les acteurs (STD, opérateurs, collectivités territoriales, secteur privé) dans la planification et la mise en œuvre des actions de promotion du sous-secteur ;

    Amélioration de l’environnement juridique, institutionnel et technique favorable à l’opérationnalisation du FRAENF (implantation des cadres de concertation, disponibilité des textes, d’outils de planification et de gestion efficace des activités du sous-secteur);

    Disponibilité d’opérateurs compétents et formés en planification et mise en œuvre des programmes d’AENF de qualité ;
    Intérêt manifesté par certains bailleurs de fonds pour adhérer au FRAENF et un début d’harmonisation des interventions dans le sous-secteur.

    La région de Dosso dispose désormais d’un instrument financier qui peut servir de « pot commun » à tous les partenaires financiers de l’alphabétisation. Cet instrument unique en son genre au Niger, une fois bien géré, permettra sans nul doute de :

    • mobiliser des ressources importantes pour le développement de l’AENF ;
    •  responsabiliser pleinement les acteurs régionaux et locaux de l’éducation, dont les Collectivités territoriales, dans la gestion des ressources destinées au développement du sous-secteur ;
    • financer à temps, les campagnes d’alphabétisation, les projets innovants en matière de développement de l’environnement lettré ;
    • harmoniser les interventions et développer des synergies d’actions ;
    • amener progressivement les différents contributeurs à s’aligner aux procédures nationales de financement et de gestion des ressources allouées à l’AENF.

     

    Apprenante du centre alpha de Sokorbé

    En définitive, l’initiative répond parfaitement à la problématique de l’insuffisance des ressources financières et pourrait aussi servir de test dans la perspective de la mise en place du fonds national prévu dans le document de la politique nationale de l’AENF.

Témoignages

  • Témoignage des apprenants du centre d’alphabétisation de Tombokoiray

    Par Thierry Py Publié le 27 Novembre 2014  FR

    « Sanno kan Tombo ciray cawkey te albeerey cawandiyano sijiri tajo bon

    (traduction plus bas)

    Annasaara jiiri 2014, no i na albeerey cawandiyan fu feeri iri Tombo ciray kwaara ra. Caw fuwo din Luxdev porza nda ONG APA waafakay ra no iri kwaara duwa.

    Cawo kan iri te haran nga nda wo kan i doona ga te kwaarey ra gonda fayanka boobo. Fayanka yan mo no  kan kande nafa boobo cawandiyano nda bonfeera do hare.

    Fayanka sintina ga ti kan za cawo sijiro ga, no iri nda ONG APA borey waafaku. Kwaara borey bumbo no ci I se tinayey kan ngey go ga di cawyan janay do hare nda hari kan bon cawo hima ga te kan ga nan iri ma tinaye din bonza. Kwaara borey nda ONG APA na sanka tira te kan bon kambu kulu na za-jinde te cawo ma booriyan fondo.

    Wo kan yan iri ha ONG APA gaa ga ti a ma sijiri iri kwaara se cawyan kan ga nan iri farimi goyey nda alman kura nda fatawci kayna-kayney kan iri go ga te ma du ga zaada ga tonton. Kwaara mo na sanka sambu kan nga ga nango kan cawo ga te soola, nga ga borey kan cawo te maayey no, nga ga sata fo gorandi kwaaraa ra kan ga cawo hawzu, nga kookari kulu te kan ga nan cawkey ma ka cawo do waati kulu.

    Cawo mana sintin kala avirillu hando jirbi 1 Boro 25 no i hantum kan ra woyboro 12 go Handu iddu cawo banda, iri ga ne alhandulillahi. Boro 25 no I gosi kan ra woyboro 15 go. Ya din ga boro 25 ba a fo no mana lati. Boro 25 kan I gosi raa, boro 24 kan ra wayboro 15 go caw ga zumandi Wodin banda, cawo kande iri se bon-feeray ce-kayante kan za honkuna no iri go ga goy ndey.

    Farimo albarka zaadayano kan ma gaa iri na cawo feeri do hare, iri cawkey na furga te kan ra zaamaani dabari kulu kan i na iri cawandi nda caw fuwo raa, iri ga ye g aka ga a te faro. Fari din te kwaara borey kulu se beeje hari, zama, a dumiizey nda kwaara fari cindey dumiizey manti afo. Fari albarka kan iri du a ra ga baa nda kwaara fari boobo wone.

    Almaney kuraa do hare, mo iri du bon-feeray boobo cawo ra: Sohon, iri ga bay alman kan dumi ga te biiri yan se, iri ga bay naari kan dumi I ga alman no, iri ga bay mate kan i ga alman safar nda hala ba witinneera ga ka, iri ga bay mate kan no i ga almaney kalo te nda, nda gorney nda curay biiriyano.

    Fatawci kayna-kayney do hare, iri ga laassabu iri bonse marje kan boron a jina day, marje boro hima ga a neera, nda riiba kan boro hima ga du. Waato kan iri mana caw mo, kubay ra no iri go ga fatawco te: Boro si bay hala ni du riiba no wala ni kan no,

    Cawo ra, iri du bon feeray kunda nafey nda teyan bon. Iri  nafa mo nda bayra din zama iri na cawkey kunda fo sijiri iri sintin mo ga di kunda ce-dirawo se monduma. Iri faro albarka nda kunda arzaka cindey awzuyano iri bumbey no ga a te iri bon se zama iri ga waani cawyan, iri ga waani laassabuyan.

    Cawyan kan iri te haran wo I mana a dumo te iri kwaaraa ra ce fo. A sintina ne ya, iri naaray I ma a tonton iri se iri ma du ga iri bayrayey guusandi ga tonton. Iri du ga fatta kubay nda talkataray ra.

    Iri ga saabu Luxdev proza se, iri ga saabu ONG APA se. Iri ga naaray gomnanto na caw woone dumo feeri laabo kwaarey kulu ra ».

    -------------------

    « En 2014, notre village situé à 7 km à l’est de Dosso a bénéficié d’un centre d’alphabétisation fruit de la coopération entre le projet NIG/019 A-PDDE et l’ONG APA.

    Le programme d’alphabétisation conçu et mis en œuvre présente plusieurs innovations par rapport aux programmes que nous avions connus.

    La première innovation a porté sur notre pleine implication dans l’identification des besoins et de contenus du programme d’alphabétisation. Par la suite, une entente contractuelle a été élaborée et signée par le chef du village au nom de la communauté et par le responsable de l’ONG APA. Dans ce protocole l’ONG APA s‘est engagée à mettre en œuvre un programme d’alphabétisation en lien avec les besoins exprimés par nous-mêmes. Il s’agit notamment de l’apprentissage des connaissances instrumentales (lecture, écriture et mathématiques) qui avec comme support la vulgarisation des connaissances théoriques et pratiques dans le domaine agro-sylvo-pastorale et du petit commerce. La communauté villageoise quant à elle, s’est engagée à fournir le local à recruter les apprenants, à mettre en place un comité de gestion du centre, et à veiller au bon fonctionnement du centre.

    Le centre a démarré le 1er avril 2014 avec un effectif de 25 apprenants dont 12 femmes. Après six mois de cours, les résultats ont été largement au-delà des attentes. Les 25 inscrits étaient présents et testés en fin de campagne et 24 ont été déclarés alphabétisés.

    Comme le programme est basé sur le développement agricole, le centre a exploité un champ école qui a servi de conduire les séances pratiques relativement aux thèmes développés dans le centre. Ce champ école nous a non seulement permis de maitriser les thèmes techniques mais aussi et surtout de convaincre tous les agriculteurs du village sur la pertinence de ces thèmes dans l’amélioration de la production agricole. En effet, les paysans du village ont pu observer la différence entre leurs champs et le champ école en ce qui concerne le cycle de développement des cultures et le niveau de rendement.   

    Dans le domaine de l’élevage, le programme d’alphabétisation nous a livré plusieurs nouvelles connaissances théoriques et pratiques. C’est ainsi que nous maitrisons aujourd’hui le choix des races, pour l’embouche, l’alimentation du bétail, la santé animale la confection de l’abri, l’élevage de la volaille et bien d’autres encore.

    Nous utilisons déjà nos connaissances acquises dans le centre dans la gestion de nos activités génératrices de revenus. Nous calculons déjà les prix d’achat, les prix de revient, les prix de vente de nos différents produits. Or, au moment où nous étions dans l’analphabétisme, nous menions cette activité sans établir un compte d’exploitation.

    Le programme d’alphabétisation a également véhiculé un thème sur la vie associative notamment l’importance et le processus de création des organisations communautaires de base. Ce cours a permis au groupe d’apprenants de mettre en place un groupement. Grâce à nos connaissances, ce groupement commence à bien fonctionner. La gestion de la production du champ école et des autres ressources du groupement sont gérées par nous-mêmes.

    Enfin, il faut dire que notre village n’a jamais connu un programme d’alphabétisation basé sur les besoins exprimés par les bénéficiaires eux-mêmes et sur leurs réalités quotidiennes. Nous demandons au projet et à l’ONG APA de continuer la formation afin que nous puissions approfondir nos connaissances En effet, ce type de programme permet d’accélérer le combat contre l’analphabétisme et de lutter contre la pauvreté en milieu rural.

    Nous remercions LuxDev et l’ONG APA  et nous demandons à l’Etat de développer cette expérience dans tous les villages du Niger ».

    Article réécrit et mis en forme (original en Zarma-Songhaï) par un groupe d’acteurs issus de la communauté, de la mairie, des services techniques locaux de l’alphabétisation et de l’ONG APA, à partir de divers témoignages et prises de parole émanant des apprenant(e)s du centre.