La formation-insertion, un tremplin vers le plein emploi
© Sonia SEMEDO
LuxDev aide à améliorer l’écosystème de formation-insertion de la quasi-totalité de ses pays d’intervention – y compris au Sahel –, illustrant l’importance stratégique de ce champ d’action. En dotant les jeunes et les professionnels de compétences adaptées au marché du travail, l’Agence participe à l’émergence d’une main-d’œuvre qualifiée, compétitive et apte à contribuer au développement économique local, tout en garantissant des parcours professionnels, et donc de vie, plus épanouissants.
La formation professionnelle et technique, un levier pour booster l'esprit d'entreprise
Au Cabo Verde et au Rwanda, LuxDev soutient l’employabilité et l’insertion professionnelle des jeunes, des femmes et des personnes vulnérables en alignant plus étroitement l’offre de formation sur les besoins du marché du travail. Deux interventions fondées sur une approche similaire s’attachent à renforcer l’enseignement professionnel et technique à travers l’amélioration de la qualité et de la pertinence des parcours de formation, la modernisation des infrastructures pédagogiques, un appui institutionnel et le resserrement des liens avec le secteur privé. En 2025, ces deux initiatives ont mis l’accent sur le développement de l’esprit d’entreprise chez les jeunes.
Ainsi, au Cabo Verde, le programme d’appui à la formation professionnelle, à l’emploi et à l’employabilité a poursuivi son soutien technique et financier au Programme de promotion du micro-entrepreneuriat jeune. Mis en œuvre par Pró Empresa et soutenu par la Coopération luxembourgeoise depuis 2023, cet important dispositif facilite l’accès au financement des jeunes et les accompagne dans la création de nouvelles entreprises. Rien qu’en 2025, 2 955 emplois indépendants ont été créés grâce à ses mécanismes combinant formation, assistance technique, facilitation de l’accès au crédit et incubation.
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Au Rwanda, le projet d’appui à la formation technique et à l’employabilité a contribué, en 2025, à stimuler l’esprit d’innovation au sein des lycées techniques de Muhororo et de Cyanika. La mise en place d’un dispositif de soutien intégré – associant renforcement des capacités, incubation dans des clubs d’entrepreneuriat et concours assorti d’un financement – a permis aux élèves de transformer leurs idées en projets économiques viables : 25 projets lauréats, dont 17 portés par des jeunes filles, ont bénéficié d’un financement de démarrage. S’appuyant sur une approche d’apprentissage par la pratique, cette initiative renforce le lien entre formation professionnelle et création d’entreprises, tout en favorisant l’auto-emploi.
Des compétences au service d'une agriculture durable et inclusive
En complément, LuxDev met en œuvre plusieurs initiatives visant à moderniser et à professionnaliser les métiers du secteur agricole plus spécifiquement. Les projets et programmes déployés au Rwanda, au Bénin et en Amérique latine partagent une ambition commune : améliorer l’adéquation entre formation, emploi et entrepreneuriat agricole au bénéfice de tous.
Au Rwanda, le projet d’amélioration des compétences pour un emploi holistique dans l’agriculture moderne transforme des écoles secondaires techniques en centres d’excellence équipés d’unités de production intégrées destinées à la formation pratique. En 2025, le projet a introduit plus de 100 variétés de cultures traditionnelles dans les centres d’excellence de Gitwe, Mutobo et Kinazi, transformant ces établissements en pôles actifs de multiplication de semences. Les premiers résultats sont probants, puisque 16 variétés ont déjà produit des semences distribuées aux communautés environnantes. Cette initiative dote les apprenants des compétences pratiques requises sur le marché de l’emploi, réduit la dépendance aux importations et positionne les écoles comme des acteurs clés de la modernisation agricole et de la sécurité alimentaire.
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Le projet Transformation vers des systèmes agroalimentaires durables (Kwihaza) contribue, quant à lui, à renforcer la profitabilité des filières aquacole et horticole rwandaises en s’attaquant aux contraintes structurelles qui limitent les revenus des petits producteurs et des PME. Mené dans le cadre de l’initiative Team Europe « Nourrir les villes », il adopte une approche multidimensionnelle combinant renforcement des capacités, amélioration de la qualité, réduction des pertes post-récolte, adoption de pratiques adaptées au changement climatique et soutien aux PME. En 2025, un programme de formation aux bonnes pratiques aquacoles, mêlant apprentissage théorique, formation pratique et coaching sur le terrain, a permis de développer les compétences techniques et entrepreneuriales de 200 petits exploitants et de 58 PME tout au long de la chaîne de valeur. L’initiative a également conduit à l’élaboration, en collaboration avec le Rwanda TVET Board, d’un programme d’étude en aquaculture adapté aux besoins du secteur, auquel 45 jeunes se sont déjà inscrits.
Au Bénin, deux interventions complémentaires visent à structurer un continuum formation-insertion-emploi à travers la création et la modernisation de lycées techniques agricoles, le développement de formations courtes adaptées aux exploitants, un accompagnement renforcé à l’entrepreneuriat et l’accès au financement, tout en intégrant les enjeux de gouvernance et de résilience climatique. En 2025, le programme d’appui à la formation agricole et rurale a franchi une étape importante avec la création et l’opérationnalisation progressive du Fonds d’appui à l’insertion des jeunes. Conçu comme un dispositif intégré, ce fonds combine accompagnement post-formation, appui matériel ou financier au démarrage des activités agricoles ou para-agricoles, et suivi dans la durée. Deux cent quarante jeunes qui ont été orientés vers des formations courtes qualifiantes dans plusieurs filières agricoles devraient pouvoir en bénéficier dès 2026.
De son côté, le projet de formation et insertion professionnelle agricole dans le pôle de développement agricole n°4 a conduit une série d’ateliers participatifs multi‑acteurs afin d’identifier les compétences prioritaires à développer dans neuf filières à fort potentiel : riz, manioc, igname, soja, anacarde, maraîchage, aviculture, ovins et caprins. Cette démarche a permis de formuler et de prioriser 95 thèmes de formations courtes et 85 thèmes de parcours certifiants, renforçant l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins économiques locaux.
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Enfin, le projet régional Génération semences, formulé en 2025, vise à renforcer l’employabilité et les opportunités économiques des jeunes dans le corridor sec d’Amérique centrale, une zone particulièrement exposée aux effets du changement climatique et à la vulnérabilité socio‑économique. Ciblant le Guatemala, le Costa Rica, le Salvador et le Honduras, le projet accompagnera ses bénéficiaires dans le développement d’entreprises agroalimentaires viables à travers des dispositifs de formation adaptés aux réalités locales, le renforcement des compétences techniques et d’innovation, ainsi qu’un meilleur accès aux financements et aux marchés.
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Nouveauté : former aux métiers du port et de la logistique au Bénin
Un nouveau projet formulé en 2025 vise à créer un Centre de formation aux métiers du port et de la logistique au Bénin. Fondé sur une gouvernance partagée entre acteurs publics et privés, le futur centre proposera une offre de formation initiale et continue directement adaptée aux besoins du marché, favorisant l’insertion professionnelle durable des jeunes et des femmes ainsi que la montée en compétences des professionnels et des entreprises des secteurs portuaire et logistique. Il encouragera également l’innovation pédagogique, la certification des compétences et l’apprentissage en milieu professionnel afin de contribuer, à terme, à l’attractivité du port de Cotonou en tant que hub logistique régional.
Renforcer les capacités des professionnels du tourisme
Le renforcement des compétences dans les métiers du tourisme constitue un autre levier clé de valorisation économique des territoires. En la matière, LuxDev intervient au Bénin et au Laos afin de professionnaliser les filières, renforcer l’employabilité et accompagner le développement d’activités touristiques durables.
Au Bénin, le programme de construction de l’École des métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration (EMTHR) entend contribuer à la croissance économique en améliorant l’offre touristique par le renforcement des compétences professionnelles. En plus d’assurer la construction et l’équipement des infrastructures et d’asseoir le cadre de gouvernance institutionnelle de l’EMTHR, il vise à développer un parcours d’écotourisme dans le Delta du Mono, où des écosystèmes remarquables et des traditions locales riches constituent un facteur majeur d'attractivité. Soutenu par l'Etat béninois, le programme favorise l'insertion et la formation des jeunes et des femmes dans sept métiers : batelier, guide, vannier, potier, transformateur de coco, cuisinier-restaurateur et éco-constructeur. En 2025, 232 personnes ont bénéficié de sessions de formation dédiées à ces professions, complétées par un accompagnement en entrepreneuriat et en développement de compétences techniques. Par ailleurs, 233 micro-entrepreneurs ont suivi une formation en marketing digital à l'issue de laquelle ils se sont dotés d'une identité visuelle et de supports de communication écoresponsables, participant à leur professionnalisation et à une meilleure visibilité commerciale. Au total, 1 962 sessions de coaching ont été réalisées en 9 mois, traduisant une dynamique soutenue de renforcement des capacités et d'appropriation des compétences par les bénéficiaires.
Répondant aux priorités nationales laotiennes, le programme de renforcement des compétences en tourisme, agriculture et sylviculture (STAF) concentre son action sur deux secteurs à forte intensité de main-d'œuvre et à fort potentiel économique. Cofinancé par le Luxembourg, la Suisse et l'Union européenne, il vise à renforcer l'employabilité, en particulier des jeunes et des femmes, en améliorant la qualité, la pertinence et l'accessibilité des services de développement des compétences professionnelles. En 2025, plus de 4 900 personnes se sont inscrites à des formations soutenues par le programme, tandis que 187 enseignants et formateurs ont bénéficié de formations continues. Parmi ces derniers, 75 ont suivi des formations spécialisées en cuisine vietnamienne, boulangerie-pâtisserie, barista et barman, dispensées par des formateurs expérimentés de l'École de tourisme de Hué (Vietnam) dans le cadre dune coopération Sud-Sud appuyée par le programme. En investissant dans la formation des enseignants, le programme garantit le transfert des compétences acquises vers des centaines d'apprenants à l'échelle nationale, contribuant ainsi à l'amélioration globale de la qualité de l'enseignement dans les secteurs du tourisme et de l'hôtellerie.
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Le saviez-vous ?
La pertinence stratégique et le potentiel d'impact du programme STAF ont été reconnus par le Conseil de l'Union européenne, qui l'a inscrit sur la liste des 46 projets phares de l'initiative Global Gateway pour 2025. Le programme se classe ainsi parmi les interventions les plus importantes en matière de développement des compétences professionnelles et d'employabilité.
La recherche comme moteur du développement
Au-delà de la formation professionnelle et technique, LuxDev mobilise le potentiel de l'enseignement supérieur et de la recherche au service du développement.
Au Kosovo, le projet Compétences pour des emplois durables vise à améliorer l'employabilité des jeunes et des femmes en proposant des formations professionnalisantes mieux alignées sur les besoins du marché du travail, en particulier dans les secteurs des technologies de l'information et de la communication, des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Si le renforcement des liens entre le secteur privé et les établissements d'enseignement et de formation professionnels constitue un axe central de l'intervention, le projet accorde également une attention particulière au développement des compétences en matière de recherche. Aussi, en 2025, il a permis le déploiement d'un programme de mobilité académique en partenariat avec l'Interdis-ciplinary Centre for Security, Reliability and Trust (SnT) de lUniversité du Luxembourg.
De mars à juin, trois étudiants en master et trois doctorants de l'Université de Pristina ont ainsi été intégrés dans un environnement de recherche de haut niveau. Ils ont acquis des compétences avancées en cybersécurité, intelligence artificielle, FinTech et cryptographie post-quantique, et renforcé significativement leur profil académique et professionnel. Tous les étudiants en master ont soutenu leur thèse avec succès et accédé à un emploi qualifié, tandis qu'un participant a poursuivi un doctorat au SnT.
À terme, les compétences acquises seront réinvesties au sein de l'Université de Pristina, participant à l'émergence d'un vivier de chercheurs capables de soutenir la transformation numérique du pays et son intégration dans l'économie mondiale du savoir.
Toujours en 2025, LuxDev a formulé la seconde phase de ce projet. S'étendant de 2026 à 2030, elle visera à consolider les acquis en renforçant l'adéquation entre formation professionnelle et enseignement supérieur d'une part et besoins du secteur privé d'autre part, afin de soutenir durablement l'employabilité, l'innovation et la compétitivité économique du Kosovo.
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En parallèle, l'Agence appuie des initiatives de recherche appliquée à portée régionale et internationale. Le projet SnT4Dev en Afrique de l'Ouest, mis en œuvre en partenariat avec le SnT, renforce les capacités scientifiques et technologiques des universités du Sénégal et du Bénin en favorisant la cocréation de projets de recherche entre chercheurs africains et luxembourgeois, en lien avec les priorités locales. De son côté, le programme LuxAid BRIDGES, développé avec le Fonds national de la recherche, mobilise la communauté scientifique luxembourgeoise pour soutenir des projets de recherche répondant aux enjeux de la coopération au développement et de l'aide humanitaire, en étroite collaboration avec des acteurs du Sud global.