Julie VAISIÈRE, assistante technique junior au Cabo Verde en 2022 : « Les premières semaines sont essentielles à une bonne intégration »
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Julie VAISIÈRE, assistante technique junior au Cabo Verde en 2022 : « Les premières semaines sont essentielles à une bonne intégration »

Cabo Verde 27.04.2026 LuxDev

Julie VAISIÈRE, assistante technique junior au Cabo Verde en 2022 : « Les premières semaines sont essentielles à une bonne intégration »
Julie VAISIÈRE, assistante technique junior au Cabo Verde en 2022 : « Les premières semaines sont essentielles à une bonne intégration »
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Équipe du Climate action programme

Aujourd’hui Gender Programme Officer à l’UNICEF au Panama, Julie VAISIÈRE a participé au programme Assistant technique junior (ATJ) mis en œuvre par LuxDev en 2022–2023. Expatriée au Cabo Verde pendant un an, elle a contribué à un projet d’appui à la transition énergétique.


Comment as-tu connu le programme ATJ et pourquoi as-tu choisi d’y postuler ?

J’ai découvert le programme ATJ grâce à une amie qui y avait participé quelques années plus tôt, également au Cabo Verde. Elle avait travaillé sur un projet d’eau et d’assainissement. Elle avait beaucoup aimé sa première expérience professionnelle et m’avait recommandé d’envoyer ma candidature. Comme j’ai fait des études en relations internationales avec une spécialisation en environnement et développement durable, les projets mis en œuvre par LuxDev sur cette thématique m’intéressaient fortement, tout comme le fait de me retrouver sur le terrain, au plus près des actions mises en place. 


Sur quel projet as-tu travaillé au Cabo Verde ?

J’ai travaillé sur un projet d’appui à la transition énergétique. Le Cabo Verde dispose d’un grand potentiel en énergie solaire et éolienne. Dans ce contexte, le projet vise à transformer la manière dont l’énergie est produite et consommée, tout en favorisant la cohésion et l’inclusion sociales, ainsi que la compétitivité économique. 


Quelle a été ta première mission ?

J’ai réalisé une mission de deux mois, dont l’objectif était de constituer une base de données pour les programmes d’appui à la transition énergétique et d’appui au renforcement de la gouvernance et de l'action climatique. La mission couvrait toutes les îles habitées du Cabo Verde. J’ai pu développer mes connaissances en suivi et évaluation, sachant que c’est un domaine dans lequel je n’avais pas encore beaucoup d’expérience à l’époque.


Comment s’est déroulée ton intégration sur le terrain ?

Ayant travaillé à Dakar durant un an et demi pour une agence des Nations unies avant l’expérience ATJ, j’étais déjà venue au Cabo Verde lors de vacances, sans toutefois être allée à Praia. 
 

Le portugais est une langue que j’apprécie particulièrement : j’en avais étudié les bases durant ma licence et, parlant déjà bien espagnol, je pensais pouvoir progresser rapidement une fois sur place. Dès mon arrivée, je me suis donc inscrite au Centre culturel du Brésil pour suivre des cours de portugais. 

Julie VAISIÈRE

Le bureau du projet de transition énergétique étant situé au sein du bâtiment du ministère cap-verdien de l’Industrie, du Commerce et de l’Énergie, j’ai rapidement été en contact avec les collègues locaux de la contrepartie. Ceux-ci parlaient créole entre eux – une langue qui, au Cabo Verde, varie d’île en l’île. Néanmoins, ils se montraient très attentifs et faisaient l’effort de s’exprimer en portugais dès que j’étais présente.

Les premiers mois ont toutefois été un peu plus difficiles, en raison de l’absence de la conseillère technique principale du projet, alors en congé de maternité. Or, les premières semaines sont déterminantes, tant pour s’intégrer à l’équipe que pour bien comprendre le projet. J’ai malgré tout pu compter sur l’accompagnement d’autres collègues en attendant son retour. Avec le recul, dans ce type de situation, je recommanderais à tout ATJ d’identifier un mentor de relais, car un encadrement solide dès le démarrage est essentiel. 


Avec qui collaborais-tu ?

Dans mon équipe, nous étions 10 : trois assistants techniques, un assistant de programme, deux secrétaires, deux chauffeurs, la conseillère technique principale et moi-même. Puisque que le démarrage du projet était récent, l’équipe était toute nouvelle aussi – assez jeune et dynamique. 


Quelles ont été tes premières impressions sur le Cabo Verde ?

Praia est une petite capitale, tout est relativement proche. Les Capverdiens sont des personnes très chaleureuses et accueillantes, ce qui rend l’intégration au sein de la communauté plutôt facile. La musique occupe une place centrale dans la vie quotidienne des Capverdiens. Je garde en mémoire l’anniversaire d’une collègue, auquel j’ai été invitée : toute sa famille était réunie pour jouer de différents instruments et chanter ensemble. C’était un moment fort et convivial que j’ai beaucoup apprécié.

En revanche, j’ai eu du mal à m’adapter au sentiment d’insécurité à Praia ; je ne m’attendais pas à être limitée au niveau de mes déplacements. Au Cabo Verde, le soleil se couche entre 18h et 19h et une fois la nuit tombée, il faut s’organiser pour qu’un taxi de confiance nous raccompagne. Aimant beaucoup me déplacer à pied, y compris le soir, j’ai dû adopter davantage de précautions à Praia.
 


Quel a été ton parcours après l’expérience ATJ ? A-t-elle été un tremplin pour la suite de ta carrière ?

Après mon expérience ATJ, je suis rentrée au Luxembourg et j’ai d’abord réalisé une consultance en ligne de trois mois pour une organisation genevoise, active dans le domaine des droits humains. J’ai ensuite rejoint l’ONG luxembourgeoise ADA (Appui au développement autonome) en tant que chargée de programme en accès aux services de base, poste que j’ai occupé pendant un an et demi. J’exerce actuellement la fonction de Gender Programme Officer au Panama, dans le cadre d’un poste de Junior Professional Officer luxembourgeoise à l’UNICEF.

L’expérience ATJ s’est inscrite comme une étape complémentaire dans mon parcours. Elle m’a permis de consolider mon expérience dans la coopération au développement, de renforcer mes compétences opérationnelles et d’affiner mes intérêts professionnels, ce qui a facilité ma transition vers mon poste suivant et contribué à orienter la suite de mon parcours.

Julie VAISIÈRE