« Droits. Justice. Action. » : quand les voix des jeunes femmes tracent la voie de l’inclusion
Mali 13.03.2026 Projet
À Bamako, le 9 mars 2026, la célébration de la Journée internationale des droits des femmes a pris une dimension particulière pour l’équipe du projet Chifinw ka baarasira – Formation professionnelle pour la jeunesse au Mali ainsi que pour les jeunes femmes bénéficiaires réunies lors d'un atelier d’échanges. Sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », la rencontre a mis en lumière la réalité quotidienne des jeunes femmes maliennes en quête d’un travail décent et d’un avenir autonome.
Une célébration ancrée dans la réalité des jeunes femmes
L’intervention de l’experte genre et droits humains de LuxDev a rappelé les écarts persistants : dans le monde, les femmes ne disposent que de 64 % des droits légaux des hommes et leur participation dans les espaces décisionnels reste limitée. Elle a ainsi souligné la nécessité d’une conception élargie de la justice, fondée sur l’accès aux droits et aux opportunités, en particulier au Mali, qui figure parmi les pays au bas au classement mondial de l'Indice d'inégalité de genre du Programme des Nations unies pour le développement, classé à la 155e place sur 170.
L’équipe d’animation a présenté le contexte du thème international, le cadre légal malien, les avancées en matière de travail décent, le dispositif d’équité du projet et la démarche d’opérationnalisation du plan d’action Pacte entreprise et droits humains. Les discussions ont montré que, même lorsque les portes sont légalement ouvertes, elles demeurent lourdes à pousser pour les jeunes femmes, surtout celles issues de milieux précaires.
Deux parcours, une même volonté de transformer leur avenir
Deux témoignages ont donné une profondeur particulière aux échanges.
Sira DEMBÉLÉ, mariée à 15 ans et migrante de retour, a raconté son double aller‑retour entre le Mali et le Cameroun, marqué par l’absence de soutien, les difficultés du voyage, les charges familiales et l’impossibilité de poursuivre l’école. Aujourd’hui, intégrée dans la formation‑insertion en gomme arabique, elle affirme : « je veux devenir un exemple pour les femmes migrantes de retour, partager mes connaissances, les motiver à rester ».
Astan DIALLO, jeune femme atteinte d’albinisme, a évoqué la stigmatisation sociale qui a entravé son insertion professionnelle. Engagée dans une activité économique avec sa tante, elle souhaite renforcer ses compétences avec une ferme ambition : « je souhaite être une leader pour accompagner d’autres femmes vers leur autonomisation ».
Défis et actions : quand les discussions racontent la réalité
À partir de ces récits, les participants ont échangé sur base de la méthode "aquarium", qui a permis une discussion interactive et réflexive sur des défis vécus par de nombreuses jeunes femmes : stéréotypes persistants dans les filières techniques, contraintes familiales des jeunes mères, difficultés financières, vulnérabilité des femmes en situation de handicap ou migrantes de retour.
Des pistes d’action réaffirmées ont émergé : intensifier les campagnes de sensibilisation contre les stéréotypes, le harcèlement et les mariages précoces, renforcer l’accompagnement psychosocial des migrantes de retour, développer des formations mobiles pour celles éloignées des centres, soutenir financièrement les femmes en situation de précarité, approfondir les partenariats avec le secteur privé et consolider le mentorat et le coaching. En outre, il s’agira de poursuivre les actions d’autonomisation et d’accès au marché du travail afin de contribuer à la réduction des inégalités constatées dans le cadre de l’Indice d’inégalité de genre.
Une clôture empreinte d’engagement
La représentante résidente de LuxDev au Mali a salué l’engagement des participants et souligné l’importance de concrétiser ces actions pour améliorer l’accès des jeunes femmes à des emplois décents. Elle a encouragé chacun à agir comme professionnel et citoyen engagé pour les droits humains, la justice et l’égalité.
Et parce que « Droits. Justice. Action. » ne doit pas rester un slogan, le projet Chifinw ka baarasira poursuit son engagement pour que chaque jeune femme — quelle que soit son histoire — puisse accéder à des opportunités dignes, équitables et sécurisées.
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À propos du projet
Le projet Chifinw ka baarasira – Formation professionnelle pour la jeunesse au Mali est financé par l’Union européenne et mis en œuvre par LuxDev, l’agence luxembourgeoise pour la Coopération au développement.
Cette publication a été produite avec le soutien financier de l’Union européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de LuxDev et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne.
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