De l'envoi de fonds à l'investissement productif : une opportunité pour insérer les migrants de retour et les jeunes des familles de migrants
News

De l'envoi de fonds à l'investissement productif : une opportunité pour insérer les migrants de retour et les jeunes des familles de migrants

Mali 10.07.2026 Project

De l'envoi de fonds à l'investissement productif : une opportunité pour insérer les migrants de retour et les jeunes des familles de migrants
De l'envoi de fonds à l'investissement productif : une opportunité pour insérer les migrants de retour et les jeunes des familles de migrants
/
Equipe d'organisation et jeunes bénéficiaires appuyés

Chaque année, les Maliens établis à l'étranger transfèrent plus de 900 millions USD vers leur pays d’origine, soit près de 5 % du produit intérieur brut (PIB) national. Ces ressources jouent un rôle essentiel dans l’amélioration des conditions de vie de nombreuses familles. Toutefois, une grande partie de ces fonds est encore destinée aux dépenses courantes, limitant leur potentiel de création de richesse et d’emplois durables. Mieux orientés vers des activités productives, les transferts de fonds pourraient devenir un puissant levier d’insertion économique pour les jeunes, notamment les migrants de retour et les membres de familles de migrants. Cette ambition est au cœur du projet Chifinw ka Baarasira (Le chemin des jeunes vers l’emploi), qui œuvre pour une meilleure mobilisation des ressources de la diaspora au service du développement économique local. À travers une approche intégrée visant à renforcer les compétences, faciliter l’accès aux opportunités économiques et stimuler l’entrepreneuriat, le projet contribue à faire des flux financiers issus de la migration un moteur de croissance inclusive.


Un enjeu stratégique pour l’emploi des jeunes

Dans un contexte où le chômage et le sous-emploi touchent fortement la jeunesse malienne, la valorisation des transferts de fonds représente une opportunité majeure. Ces ressources peuvent contribuer au financement d’activités génératrices de revenus, au développement de petites et moyennes entreprises et à l’essor de secteurs porteurs tels que l’agriculture, la transformation agroalimentaire ou les services.

Pour les migrants de retour et les jeunes issus de familles de migrants, cette dynamique ouvre de nouvelles perspectives. Elle permet non seulement de renforcer leur autonomie économique, mais aussi de favoriser leur insertion durable dans les chaînes de valeur locales. L’enjeu est ainsi de transformer des flux financiers à vocation principalement sociale en investissements capables de générer de l’emploi et de soutenir le développement des territoires.


Renforcer les capacités pour transformer les comportements

Afin d’accompagner cette transformation, 250 jeunes issus des deux rives de Bamako ont bénéficié de sessions de formation intensives organisées du 13 au 15 juin 2026. Animées par des experts des secteurs financier, entrepreneurial et agricole, ces formations ont porté sur l’éducation financière, la gestion budgétaire, la planification d’activités économiques et l’identification d’opportunités d’investissement. L’objectif était de permettre aux participants de développer une meilleure compréhension des mécanismes financiers et de renforcer leur capacité à transformer les ressources disponibles en projets viables et durables.

Le parcours de Mariam COULIBALY, 22 ans, illustre l’impact de cet accompagnement. Initialement déterminée à quitter le pays pour trouver de meilleures perspectives, elle a découvert au cours d’une masterclass les opportunités existantes dans le secteur agroéconomique malien:

Je suis venue avec l’idée fixe que ma seule chance était de partir, mais les travaux interactifs m’ont montré qu’il y a d’immenses opportunités agroéconomiques ici. Le module sur l’acheteur averti m’a aussi appris à me méfier des arnaques. Cette attestation est le premier pas vers mon autonomie au pays.

Mariam COULIBALY, bénéficiaire du projet Chifinw ka Baarasira


Le secteur privé au cœur des solutions

Les différents panels ont permis d’identifier des pistes concrètes pour mieux orienter l’épargne des migrants vers des activités créatrices de valeur. Les discussions ont notamment porté sur l’adaptation des produits financiers aux besoins des entrepreneurs, l’accès au crédit agricole, les dispositifs d’assurance et les nouveaux mécanismes de financement soutenus par la diaspora.

Les initiatives telles que Ciwara Capital, Zira Capital, RemitInvest ou encore Diaspor’Act ont été présentées comme des exemples de solutions innovantes favorisant l’investissement productif et l’accompagnement entrepreneurial.

Des témoignages d’anciens migrants devenus entrepreneurs ont également illustré le potentiel de ces investissements. Parmi eux, Dani Abdrahamane DIAKITÉ, entrepreneur agronome de la diaspora, a partagé son expérience: « L’investissement productif m’a permis de rentrer m’installer définitivement au Mali et de développer le business que j’avais lancé pendant mon séjour aux États-Unis. »

L’importance des dispositifs de soutien technique et de mise en réseau a également été soulignée, notamment à travers des initiatives telles que la zone agricole partagée, portée par l’Union des ambassadeurs.

Presidium pour l'ouverture de la célébration de la journée du transfert de fonds

Du renforcement des compétences à l’insertion professionnelle

Au-delà de la célébration de la Journée mondiale du transfert de fonds, la démarche engagée s’inscrit dans une logique de long terme. Les 250 jeunes formés bénéficieront d’un accompagnement individualisé sous forme de fiches d’orientation vers des parcours adaptés à leurs projets professionnels. Ils seront notamment orientés vers les centres de formation professionnelle partenaires de LuxDev afin de renforcer leurs compétences techniques et entrepreneuriales.

Ce suivi constitue une étape essentielle pour transformer les connaissances acquises en initiatives concrètes, faciliter l’accès à l’emploi ou à l’auto-emploi et favoriser l’émergence d’activités économiques durables.


Une contribution à un développement inclusif

En créant des passerelles entre les ressources de la diaspora, les acteurs du secteur privé, les institutions financières et les aspirations de la jeunesse malienne, le projet Chifinw ka Baarasira contribue à bâtir un modèle de développement plus inclusif et plus résilient.

L’enjeu dépasse la seule mobilisation de ressources financières. Il s’agit de faire des transferts de fonds un véritable outil d’investissement, capable de soutenir l’innovation, de stimuler l’entrepreneuriat local et de créer des emplois décents pour les jeunes. À travers cette dynamique, les transferts de fonds peuvent devenir bien plus qu’un soutien aux ménages: un levier durable de développement économique et d’espoir pour toute une génération.


À propos du projet

Le projet Chifinw ka baarasira – Formation professionnelle pour la jeunesse au Mali est financé par l'Union européenne, sous la tutelle technique du ministère en charge de la Formation professionnelle, et mis en œuvre par LuxDev, l'agence luxembourgeoise pour la Coopération au développement.

Cette publication a été produite avec le soutien financier de l’Union européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de LuxDev et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne.