Éducation en situation d’urgence : un atelier pour capitaliser les acquis du programme d’Appui au Plan sectoriel de l’éducation et de la formation
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Éducation en situation d’urgence : un atelier pour capitaliser les acquis du programme d’Appui au Plan sectoriel de l’éducation et de la formation

Burkina Faso 22.12.2025 Project

Éducation en situation d’urgence : un atelier pour capitaliser les acquis du programme d’Appui au Plan sectoriel de l’éducation et de la formation
Éducation en situation d’urgence : un atelier pour capitaliser les acquis du programme d’Appui au Plan sectoriel de l’éducation et de la formation
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Groupe de personnes posant debout devant un bâtiment

Les 8 et 9 décembre 2025, la salle de réunion du Secrétariat permanent du Programme stratégique de développement de l’éducation de base et de l’enseignement secondaire du Burkina Faso a abrité un atelier de capitalisation consacré à la composante "éducation en situation d’urgence" (ESU) du programme d’Appui au Plan sectoriel de l’éducation et de la formation. L’atelier a réuni des participants issus de structures nationales et des organisations de mise en œuvre, notamment des ONG internationales EDUCO, CRS, Croix-Rouge, Soleil dans la Main et du Secrétariat technique de l’éducation en situation d’urgence (ST-ESU). Capitaliser les expériences, les résultats et les enseignements tirés de la mise en œuvre du programme afin d’orienter plus efficacement les futures interventions en contexte d’urgence éducative: tel était l’objectif de l’atelier.


Des résultats significatifs malgré un contexte difficile

Le bilan présenté par Monsieur Drissa MINOUGOU, assistant technique national à l’éducation en situation d’urgence, a mis en lumière des avancées notables. En matière d’accès, le programme a permis la réalisation de 190 espaces temporaires d’apprentissage, de 127 classes semi-finies et de 39 salles de classe bioclimatiques, contribuant ainsi à accroître l’offre éducative dans les zones affectées par la crise sécuritaire.

Sur le plan de la qualité des apprentissages, la mise en place de 20 centres de scolarisation accélérée / passerelle a favorisé la réintégration de plus de 27 000 enfants dans le système éducatif formel. Par ailleurs, plus de 1 000 enseignants et acteurs éducatifs ont été formés sur des thématiques clés telles que l’ESU, l’approche Safe School et l’appui psychosocial.

En soutien à la gouvernance sectorielle, la mise à disposition d’un assistant technique auprès du ST-ESU a joué un rôle déterminant dans la coordination des acteurs, le renforcement des capacités institutionnelles et l’élaboration de la stratégie d’éducation en situation d’urgence 2025–2029.


Bonnes pratiques, défis et enseignements

Les travaux de groupe ont permis d’identifier plusieurs bonnes pratiques, dont l’approche nexus humanitaire-développement, l’intégration systématique du WASH (eau, assainissement et hygiène) dans les infrastructures scolaires, la prise en compte du genre à travers la distribution de kits de dignité, ainsi que la coplanification des activités entre partenaires.

Toutefois, des contraintes majeures ont également été relevées, notamment les retards logistiques liés à l’insécurité, la mobilité des enseignants formés, l’insuffisance du suivi post-formation et certaines lourdeurs administratives. Les participants ont souligné la nécessité de renforcer la supervision pédagogique, d’anticiper la maintenance des infrastructures et d’améliorer la coordination entre acteurs.


Des recommandations pour l'avenir

Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la diffusion des bonnes pratiques, la poursuite de l’appui à l’ESU à travers l’action publique et de nouveaux projets, l’institutionnalisation du suivi post-formation des enseignants ainsi que sur la mise en place de cadres de concertation formels entre l’État, les partenaires techniques et financiers et les ONG.

L’atelier, fondé sur une approche participative, s’est tenu dans un climat constructif et a permis de dégager des orientations claires pour renforcer la résilience du système éducatif burkinabè face aux situations d’urgence tout en assurant la durabilité des acquis du programme d’Appui au Plan sectoriel de l’éducation et de la formation.

Linda OUATTARA, responsable de projets à CRS Burkina Faso, a partagé ses impressions à l’issue de l’atelier. “Nous avons mis en œuvre deux projets d’éducation en situation d’urgence; le bilan est positif et des avancées significatives ont été réalisées en faveur de l’éducation dans le contexte actuel du Burkina Faso. Le programme doit s’arrêter maintenant, mais nous espérons que tous les acquis engrangés pourront être renforcés avec l’appui d’autres partenaires et que les efforts du gouvernement dans la continuité éducative permettront également de pérenniser ces acquis. Plus de 300 ouvrages ont été réalisés dans le but de désengorger les effectifs pléthoriques auxquels de nombreuses régions ont été confrontées en raison de l’afflux d'élèves déplacés internes. Il y a eu également des renforcements des capacités des acteurs de l’éducation qui avaient besoin d’outils plus adaptés pour une meilleure prise en charge des élèves et pour mieux faire face à l’urgence, la crise et les effets subis".

Femme assise à une table, derrière son ordinateur portable

Linda OUATTARA, responsable de projets à CRS Burkina Faso

Pour Saidou NIKIEMA, chef de département plaidoyer et mobilisation sociale au ST-ESU, ce programme a apporté une contribution significative au système éducatif burkinabé. Il a conclu:

LuxDev et les partenaires de mise en œuvre ont contribué à lever des goulots d’étranglement au niveau de la continuité éducative. En termes d’infrastructures, le programme a permis plusieurs réalisations aidant à accueillir les enfants non scolarisés. Les acquis sont visibles et palpables, mais pour qu'ils continuent de porter leurs fruits, il faudra maintenant entretenir ce qui a été obtenu au bénéfice des élèves.

Saidou NIKIEMA, chef de département plaidoyer et mobilisation sociale

ST-ESU

Portrait d'un homme portant des lunettes et une tenue jaune satinée

Saidou NIKIEMA


À propos du programme

Le programme d’appui pour la mise en œuvre du Plan sectoriel de l’éducation et de la formation est financé par le Burkina Faso, le Grand-Duché de Luxembourg et l'Union européenne, et mis en œuvre par LuxDev, l’agence luxembourgeoise pour la Coopération au développement.